Saturday, June 09, 2007

Comme le temps passe... (Editorial du Libre Arverne n°233 - 05/04/2007)

Mon fils aîné a fait ses premiers pas d’enfant de chœur. Comme le temps passe… Il a désormais 5 ans. Depuis l’âge de trois ans, il manifestait son envie de devenir « un petit rouge », depuis cette grande messe lors de la visite de Mgr Tissier de Mallerais où tout ce que la paroisse comptait comme servants de messe avait été mobilisé. Maintenant qu’il a fait sa première communion (à 5 ans et 3 mois, l’un des plus jeunes - sinon le plus jeune – des premiers communiants de l’histoire de la paroisse) et qu’il a les bras assez grands pour atteindre l’autel et suffisamment forts pour porter le candélabre, il va pouvoir honorer Dieu de la façon qu’il désire. Mon petit bonhomme de 5 ans, qui connaît bien son catéchisme et lit ses vies de Saints, a considéré le martyr comme une fin possible. Ces propos, venus du fond de l’âme et du cœur de l’enfant, tombant dans l’oreille d’un père, montrent qu’une partie de l’éducation a été réussie et que la génération suivante prend dans sa petite main le flambeau. Comme dit notre cher abbé : « le martyr et le couvent ne sont pas demandés à tout le monde. Il est demandé à tout le monde de vivre à côté de Dieu ». Musulmans, talmudistes (y compris dans la variante communiste), satanistes, anarchistes et autres continuent encore à tuer les catholiques. Tous les enfants de Tradiland le savent, cela arrive dans le monde entier et même en France. Et si on demande aux enfants de notre peuple de citer un nom de « martyr en haine de la foi » dans la France de l’an 2000, ils vous répondront : Jeanne-Marie Kegelin.

C’est un grand moment pour un père (surtout quand soi-même on n’a pas été enfant de chœur) que d’aider son fils à enfiler pour la première fois la soutanelle rouge de servant de messe. Même si les chances sont moins que faibles qu’un jour il soit revêtu de la soutane rouge de cardinal (où alors c’est que bien des choses auront changé dans l’Eglise), il faut se dire que chaque prêtre portant la soutane noire de religieux a été un jour un petit garçon en soutanelle rouge. Même si tous les petits hameaux n’ont pas la vocation de devenir métropole, cinq baraques et une route font peut-être penser à Shabbytown, Arizona profond, mais après tout, la Rome de l’an 740 avant Jésus-Christ ne devait pas être différente. Une vocation de prêtre commence toujours par là. Et qui sait si mon petit garçon enfilant cet habit rouge de petit servant de messe dans le vestiaire exigu de notre petite chapelle ne commence pas à emprunter un chemin qui l’amènera en soutane noire à Ecône ?

C’est incroyable comme le temps passe vite. Certes, les parents ont vocation de mûrir, les enfants celle de grandir, mais le tourbillon des saisons amène l’éclosion de nos jeunes pousses et on se surprend à dire « mon Dieu, déjà… ». L’aîné de mes fils en soutanelle, ma seconde fille qui désormais a l’âge de devoir porter un jupon sous sa robe, la moitié de mes enfants sachant désormais lire, ma cinquième qui du haut de ses 2 ans commence déjà à réciter des bribes de prières, chaque jour un peu plus longs… On en viendrait à se pincer quand on réalise que le jeune notaire qui vous parle était le petit garçon en nœud papillon bleu qui était enfant d’honneur à votre mariage, que la jeune maman qui pousse le landau où dort son poupon blond, vous l’avez connue fillette… L’autre jour, en me rasant, j’ai repéré dans ma chevelure un cheveu blanc. Je n’ai pas eu d’émotions particulières, c’est dans l’ordre des choses. A le voir, unique clair dans cet univers foncé, on aurait dit Willy Sagnol en équipe de France de football… Mais il va amener sous peu des camarades. Il y a toujours un moment où le chien fou devient un vieux sage. Même si tu n’as pas fini de planter des arbres, tu peux déjà commencer à regarder grandir les arbrisseaux des années précédentes… Et un jour, ô combien déchirant pour le papa, sa « boutte », sa « petite souris », sa « mirobolance » et celles qui suivront quitteront la maison pour se marier ou rentrer dans les ordres. Tout père est un roi dont les princesses ont pour vocation de s’en aller. Nous n’élevons pas les enfants pour notre plaisir mais pour la gloire de Dieu.

Mercredi des cendres, nous sommes allés à Saint-Macaire pour la cérémonie. La chapelle était plus que bondée, et pour cause, comme nous étions en période scolaire, tous les élèves étaient présents, aussi bien l’école primaire des garçons que le collège des filles. Beaucoup de gens sont restés sur le perron et même dans les escaliers. On peut anticiper l’avenir d’un peuple en regardant ses écoles. Quand j’observe les élèves des dominicaines de Saint-Macaire, bien qu’elles soient toutes en uniforme, je peux relever quelques tendances indicatives. Il y a apparemment une majorité de filles originaires de la campagne, non pas des enfants de citadins qui auraient suivi les conseils de Mgr Lefebvre et qui auraient migré vers des zones moins polluées (et de toutes formes de pollution : atmosphérique, morale et ethnique), mais de vraies filles de ce qui jadis avait été la France, la bonne race paysanne gauloise que l’on retrouve dans ces demoiselles blondes, aux hanches larges propres à l’enfantement, au port solide de filles de la campagne, fraîches et saines et à la manière humble de porter la jupe bleu-marine et le chemisier blanc. Des filles dont l’idée de les voir constituer le socle du futur peuple tradilandais nous emplit de joie. Même issues des campagnes, ces filles d’oïl sont les preuves vivantes que Gaulois et Germains étaient le même peuple ou du moins… cousins germains. On est aristoi ou kakoi dans ses gènes, nonobstant sa classe sociale ou son ethnie, et nos filles sont indubitablement dans la première catégorie pour la plupart d’entre-elles, comme l’étaient nos garçons. Leur sang n’est peut-être pas bleu comme le Danube mais leur chevelure est de la couleur de l’or du Rhin, ce fleuve passerelle entre la Francie occidentale et la Francie orientale, leurs yeux sont bleus comme la ligne des Vosges, et de l’alliance avec nos garçons fermes dans leurs convictions et leur foi comme les dites Vosges et leur sœur jumelle de la Forêt Noire, donnera naissance à un peuple nouveau, débarrassé de la tyrannie des kakoi qui empoisonnent la France depuis 1789, un peuple régénéré, un peuple neuf dont l’heure est venue, né du peuple français comme ce dernier était né du peuple gaulois. Ce qui était sera et ce qui est ne sera plus.

Dimanche de la Passion, les scouts de Doran étaient les invités d’honneur de la paroisse Notre-Dame-de-la-Merci. Je parlais un peu plus haut du temps qui passe : Bruno, petit enfant de chœur lors de mon arrivée en Auvergne et désormais chef de la patrouille, me demande l’intégration de Maël dans sa troupe, trompé par le fait qu’il soit grand pour son âge comme tous mes enfants. Je lui ai demandé d’attendre un peu mais lui ai signalé que mes enfants passeront qui chez les scouts, qui chez les guides. Quand je suis arrivé en Auvergne, nous n’avions pas de scouts. Puis, plusieurs filles de la paroisse constituèrent une patrouille mais dépendante du Poitou (voir Le Libre Arverne n°5). Maintenant, garçons et filles sont suffisamment nombreux pour constituer deux unités dans notre ville. Une jeune demoiselle de nos pensions, une blonde altière presque aussi grande que moi et dans laquelle j’ai du mal à retrouver la petite fille de 5 ans avec son mignon petit chapeau blanc et mangeant avec application son pot de crème de marrons lors du pèlerinage de Chartres 1997, me confirme le dynamisme nataliste tradilandais : plus du tiers des enfants de sa classe sont membres de fratries de 10 enfants ou plus… Bien entendu Tradiland n’est pas une Union Soviétique religieuse avec un « plan quinquennal indiquant le quota de fabrication de bébés », mais son dynamisme nataliste est source d’espérance. Comme aurait pu dire Marie-Ségolène Royal, ce qui frappe dans notre peuple, c’est sa blonditude. Sur les 18 scouts, guides, jeannettes et louveteaux, pas moins de 16 blonds dans une Auvergne où la chevelure de jais et les yeux de feu prédominent. Les deux seuls bruns sont Bruno, le chef de patrouille, fier héritier des Lusitaniens, et une Auvergnate typique, mate de teint, petite, potelée, à nattes couleur corbeau. Plusieurs de ces enfants sont issus de la même fratrie. Nous arrivons fatalement au stade où l’explosion de la natalité tradilandaise se fait sentir dans les écoles, dans les chapelles, dans les troupes scoutes. En attendant qu’elle se fasse sentir dans les séminaires et dans les urnes. Et quand mes, pour le moment, six enfants enfileront à leur tour l’uniforme scout, ça fera encore 6 blondinets et blondinettes de plus. C’est une constatation que j’avais déjà faite lors de la retraite de foyers faite en mai 2006 : nous étions 12 couples à y participer, et sur la douzaine de femmes présentes, 6 étaient blondes (dont la mienne) et 6 étaient châtains. Le vieux fond catholique franc-aryen n’est pas mort. N’en déplaise aux mânes du très respectable Charles Maurras, ceci contredit sa théorie géopolitiquement nocive des « sœurs latines ». Même si les rois de France ont poussé les frontières vers le sud, c’est l’Oïl germanique qui a été, est, et sera toujours la France éternelle, celle de la chevalerie et de l’Eglise. La France a peut-être des demi-sœurs latines. Je n’en disconviens pas. Mais les sœurs de la France sont germaniques. Non pas l’Angleterre, Sarah Marmelade la renégate, perfide Albion aux deux sens du terme (l’autre étant « qui n’a pas la foi »), mais l’Allemagne berceau des Francs, les Belges – Gaulois les plus braves selon César -, les Néerlandais, fils et filles de la tribu gauloise des Bataves, les Suisses, enfants de la turbulente nation gauloise d’Helvétie, qui déclencha la Guerre des Gaules et l’arrivée de l’envahisseur romain… Cette multiplication de petites têtes blondes combinée à une natalité galopante n’est ni plus ni moins qu’une sorte de manifestation extrême d’instinct de survie d’un peuple en péril extrême. Aux grands maux les grands remèdes.

Mercredi Saint, nous sommes allés chez une famille amie pour y faire des emplettes, celle-ci servant en quelque sorte de « dépôt-relais » à une société vendant des vêtements pour les Tradilandais. Depuis longtemps, et plusieurs fois dans les colonnes de ce journal, j’avais souligné la nécessité de se doter d’une fabrique d’habits « par les tradis pour les tradis », ne trouvant jamais chez les fripiers qui inondent les supermarchés de leurs cochonneries made in pas chez nous des vêtements conformes aux goûts et aux aspirations de notre peuple. Cette société, qui de plus fabrique une grosse partie de ses habits en France (le reste est made in Madagascar, ancien fleuron de notre empire, on évite déjà le désastreux made in China), s’est implantée dans le créneau très rentable à terme du « vêtement tradilandais » et le tout à des prix très compétitifs. Ma fille aînée est comme sa maman, du genre « grande sauterelle » : à 7 ans, elle porte du « 10 ans » en taille. Ce qui signifie qu’elle va rapidement dépasser le 12 ans alors qu’il lui restera encore de longs mois avant d’avoir ces fameux 12 ans… Le problème, c’est de trouver des jupes décentes dans une société où la laideur vestimentaire est imposée. Habiller ses grandes filles est un problème récurant pour toute famille tradilandaise (c’est un peu moins compliqué pour les garçons) Les grands esprits se rencontrant, quelle joie de voir réaliser par autrui ce que j’avais toujours prôné. La société Magellys (site internet : http://www.magellys.com/) propose une gamme de vêtements pour hommes, femmes, garçons, filles et bébés, à des prix fort compétitifs, une sorte de Cyrillus en plus tradi et surtout en discount. Jupes plissées, tenues scoutes, barboteuses, chemisettes unies pour homme (elles deviennent de plus en plus difficiles à trouver…), il y en a pour tous les goûts et tous les budgets. Pour environ 150 euros, nous avons fait provision de robes pour madame et mesdemoiselles. Nous allons rapidement investir dans les jupes plissées pour grandes adolescentes, (ça grandit vite à la maison), jupons et, puisqu’on y est, de pantalons pour les garçons (on pourrait en trouver dans le commerce, mais autant faire travailler notre peuple).
Magellys est une facette supplémentaire des facultés tradilandaises d’adaptation et de l’existence réelle de la spécificité de ce peuple, comme si à chaque manifestation de l’apartheid mesquin du régime, nous trouvions une parade. Ils ne voulaient pas de nous dans leurs églises, nous avons construit les nôtres. Ils ne voulaient pas de nous dans leurs écoles, nous avons créé notre tissu scolaire. Ils ne voulaient ni de notre culture, ni de notre mémoire, nous nous sommes dotés d’un dynamique réseau culturel, étant probablement la communauté en France qui lit le plus… Ils ne veulent pas aider nos familles dans le besoin ? Nous avons créé nos propres structures d’aides sociales. Nous n’avons pas le choix pour habiller nos enfants, les nourrir et les instruire ? Une fois encore nous faisons face en créant nos propres entreprises de vêtements et même, dans certaines provinces, nous avons le vin tradi, le miel tradi, la viande tradie (non, les entreprises ne s’appellent pas Tradivin, Tradimiel et Tradiviande, la novlangue a ses limites…). Bien évidemment, la tentation est grande de rassembler le tout en véritable trust communautaire à la KTO (Konzern Tradilandais Omniproduits, prononcer comme il se doit « Catho ») réminiscence du COP de Robocop, mais généralement, les grosses entreprises ont la faculté d’adaptation du dinosaure et finissent comme lui. A l’ère de la leaderless resistance et de la Tupper-war, éloignons-nous des structures pesantes pour plébisciter l’organisation en nébuleuse. Rome ne s’est pas faite en un jour, ni même Akron (Ohio). Tranchons un par un les liens qui nous entravent avec un pays qui, j’espère que mes éditoriaux l’ont prouvé, ne veut plus de nous. Eglises libres, écoles libres, culture libre, recherche historique libre, commerce libre pour commencer. Ensuite, la fonction créant l’organe, nous pourrons passer à l’étape suivante : notre justice, notre administration, notre police, notre armée… l’indépendance ! L’heure est venue d’affiner la prophétie de Malraux : le 21e siècle ne sera pas seulement le siècle du spirituel, il sera surtout le siècle du communautarisme. Et pour la première fois depuis longtemps, les gens de notre bord ont une longueur d’avance dans ce domaine…

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Tuesday, May 29, 2007

Un jeudi à Saint-Franc (Editorial du Libre Arverne n°243 - 31/05/2007)

Jeudi dernier, toute la petite famille est montée dans la Tradimobile direction la Savoie pour notre traditionnelle visite de l’école Sainte-Anne-de-la-Providence à Saint-Franc. Départ de la tribu à 6 heures du matin pour arriver sur place avant la sortie des élèves avancée au jeudi 12 heures pour cause de week-end de Pentecôte. Le hasard de la circulation, les éternels bouchons sur l’ironiquement nommée « A-47 » (comme la Kalachnikov, symbole inversé : ce n’est pas vraiment le même débit), nous ont fait longer une sinistre ville de la banlieue de Saint-Etienne (pléonasme). En contrebas du double ruban d’asphalte où les voitures roulaient au pas qui, hélas, n’était pas celui de l’oie, un établissement scolaire, vraisemblablement un lycée. C’était l’heure du début des cours. Une jeunesse symptomatique du peuple français s’y rendait. Laideur des tenues, laideurs des visages, laideur de la démarche, se fondant dans la laideur de la ville. Des filles la clope au bec, le regard vitreux, sans la moindre once d’élégance, des garçons ayant l’air de parfaits ahuris, décérébrés par la télévision, l’endoctrinement, la musique tribale voire le chichon. Quels fruits vont donner de telles graines ? Pas grand chose de commun avec nos jeunes pousses ces « Français OGM ». Aucune hostilité à avoir avec ces Français, simplement l’affirmation, la confirmation que ce n’est pas notre peuple. Ils nous sont aussi étrangers que les Inuits, les Papous, les Kikuyus ou les Jivaros.

Reine de la conduite en montagne, mon épouse pilote d’une main sûre la Tradimobile dans la route sinueuse et pentue entourée de forêts et de champs. Le virage en épingle à cheveux et le panneau de bois indiquant l’école Sainte-Anne, frontière virtuelle entre les deux sociétés, et nous voici arrivés dans notre patrie. Nous avons quitté la France. Nous sommes à Tradiland, un assemblement de petites « enclaves », une sorte de Bophutatswana (bantoustan africain indépendant de 1977 à 1994 composé de multiples enclaves dans la République Sud-Africaine) minuscule, mais qui a au moins le mérite d’être chez nous. La petite école installée dans un ancien hôtel, à la façade couverte de lierre, est un havre de paix et de joie, quand le mufle hideux de la tyrannie laïque s’en tient éloigné. Mademoiselle Marie-Thérèse, la directrice que l’on ne peut imaginer autrement que joviale, nous accueille à bras ouverts. Comme dans toutes les familles, et Sainte-Anne-de-la-Providence et la Péraudière sont des familles de notre patrie, il y a les enfants fidèles dont les visites régulières sont un remerciement pour la bonne éducation reçue (ma femme), il y a les enfants ingrats, pris dans le tourbillon des mondanités et de la carrière et qui ne trouvent pas le temps de venir saluer leurs anciens professeurs, oubliant ce qui a fait ce qu’ils sont (non, je ne donnerai pas de noms…), il y a – très très rares Dieu merci – les enfants renégats, lâchés dans le monde avec des vices de construction et qui ont sombré, et – dernière catégorie dont je suis – les enfants adoptés, le contraire exact des précédents puisque admirant un système d’éducation inverse de celui reçu. Mais chez mademoiselle Ract, pas de discrimination : moi qui ait été marqué au fer rouge par 13 ans d’école régimiste (9 ans de laïque, 4 ans de conciliaire) est reçu comme si j’avais fait ma scolarité à La Péraudière. L’expérience de quelqu’un qui est « sorti de la matrice » et qui est capable d’en démonter le fonctionnement est un témoignage aussi utile que celui des réfugiés russes en Allemagne dans les années 20.

Notre arrivée ne passe pas inaperçue et nos enfants se sentent immédiatement comme chez eux. D’ailleurs, ils sont chez eux puisque c’est leur pays. Des petites frimousses souriantes nous dévisagent aux fenêtres. Nous ne sommes pas des parents d’élèves… de futurs parents venant inscrire leur aînée ? Non plus… Ceci ne peut donc être qu’une ancienne en visite avec son époux et ses enfants. Je reconnais les deux brunettes à visage de petites pommes toutes rondes dont je parlais dans l’éditorial des Lettres Fersanes de mai 2005, mais je n’ai pas reconnu (jusqu’à ce qu’elle me dise son nom de famille) celle qui était presque la benjamine de l’école et dont j’avais évoqué son irrésistible « bonnet d’âne » lors de la fable des bons et des mauvais écoliers… La fillette de 1998 est devenue une jeune fille en 2007, peut-être l’élève la plus âgée maintenant… Comme le temps passe. Une petite fille à nattes brunes, Mathilde, 7 ans, s’approche de nous avec des yeux bleus pétillant de malice, des yeux de chipette brevetée… Elle « harcèle » son institutrice, qui a été pensionnaire en même temps que ma femme, pour avoir son image (récompense des bonnes élèves). Mêmes tresses, mêmes yeux bleus, même gabarit de petite souris que ma cadette Marianick... et même pugnacité à réclamer l’image promise. Mon Baudouin, 4 ans et déjà une carrure de petit colosse, avec toute la spontanéité hérité de son papa, s’approche d’elle et lui saute au cou pour l’embrasser avec la délicatesse du Panzer dans la campagne ukrainienne… Mon « Winnie l’Ourson » n’a pas compris le mouvement de recul. Il apprendra avec le temps : cela s’appelle l’éducation…

Une fois la surprise de notre présence passée, les jeunes filles et fillettes retournent à leurs occupations. Je les observe dans leurs préparatifs de départ… Tout respire la joie de vivre, ces enfants épanouies que l’on entend rire et chanter dans les couloirs. Une nuée de chemisiers bleu-ciel et de jupe grises passe, pleine de fraîcheur et de vie, portant de grosses valises. Des fenêtres ouvertes de la salle de classe des grandes, on entend les élèves les plus âgées chanter. Je reconnais Chem Cheminée du film Mary Poppins et SOS Société de Bernard et Bianca. Sur le tableau, écrit en gros « prières et affection » pour une de leur camarade suissesse, Mariam. Un père, grand, brun et barbu, accompagne sa fille vers la voiture. Je l’interpelle : « Vous êtes Suisse ! » Devant sa réponse affirmative, je rajoute : « Votre fille est l’archétype de la petite suissesse avec ses bonnes joues rondes, ses cheveux blonds, ses yeux bleus et son profil purement germanique ! » Rire du papa, sourire de la fillette rougissante. Une ancienne camarade de pension de ma femme, mère de huit enfants, vient rechercher ses trois filles, la plus âgée étant « la copie carbone » de maman. Une quatrième les accompagne : son grand frère a épousé la jeune tante des demoiselles. Tradiland est une immense famille… Eudes, notre petit 6e, surnommé « le petit Enfant Jésus de Prague » à cause de ses bouclettes, passe de main en main. Ce qu’il y a de positif dans notre peuple, c’est qu’une fillette, une jeune fille, peut avoir 4, 8 12 frères et sœurs, elle ne peut pas s’empêcher de prendre avec ravissement dans ses bras le petit bébé d’un autre couple. Pendant que ses filles « pouponnent » mon fils, la maman a plaisir à parler avec nous, on ne s’était pas vu depuis des années. Pour parodier Mireille : « Quand un tradi rencontre un autre tradi, qu’est c’qui se dit ? Des histoires de tradis… ». On parle donc des difficultés financières récurrentes (les Tradilandais sont pauvres, particulièrement les familles scolarisées à Saint-Franc : artisans, paysans et autres professions de la lower middle class), de l’avenir des enfants (l’aîné de ses garçons, apprenti mécanicien, caracole à 17,5 de moyenne, une exception parmi les tocards made in école laïque), des discriminations quotidiennes infligées à la diaspora tradilandaise, nous les métèques exclus de la Cité, en quête d’une patrie. Je remarque que deux élèves ont l’uniforme de la semaine au lieu de l’uniforme du dimanche. Elles rentrent par le train. Pendant tout le trajet, elles vont avoir la confirmation, comme à chaque fois, qu’elles sont dans un pays qui n’est pas le leur…

Une fois les élèves parties, mes enfants prennent en quelque sorte possession de l’école, jouant dans les salles de classe et dans « la cour de récréation », sur une grande pelouse ornée de sept arbres majestueux que je suis bien incapable d’identifier. Par contre, la mappemonde de la classe des grandes n’a aucun secret pour moi : Djibouti indépendant, Bénin et non plus Dahomey mais Nouvelles-Hébrides et pas encore Vanuatu, Rhodésie et pas encore Zimbabwe… Année 1979. Je jette un coup d’œil sur les copies, la première a une jolie écriture à l’encre, la seconde a une jolie écriture à l’encre, la troisième a… une jolie écriture à l’encre ? Gagné… La salle de classe est aménagée comme celle des années cinquante, les pupitres ne devant pas être beaucoup plus jeunes. Mais ils sont dans un état impeccable. Les filles prennent soin du matériel de l’école. On n’est pas en République ici… La Bibliothèque est emplie de livres, dont tous les grands classiques de la littérature : Racine, Corneille, Bossuet, Molière, La Fontaine, livres usés à force d’avoir été lus et relus… Nous, à la laïque et à la crypto-laïque, on a étudié Gérard de Nerval, Auguste Villiers de l’Isle-Adam (deux ans de suite…), Victor Hugo et même le marquis de Sade en 3e… Et encore, on a échappé à Begag, Pavloff et autres nullités contemporaines. Ce qui ne signifie pas, bien sûr, que les auteurs plus « modernes » sont délaissés : Jean Raspail par exemple. A titre personnel, je considère que certains auteurs contemporains méritent le détour, en complément de programme : Raspail bien sûr, mais aussi Bordeaux, Brasillach, Danrit, Pourrat (qui est lu dans nos écoles) et même les romans historiques de Mabire (à faire découvrir aux garçons de la Péraudière)… Preuve supplémentaire que nous sommes deux peuples différents : les références littéraires et culturelles ne sont pas les mêmes.

Dans un carton, sous une table, gisent les livres de propagande étatique envoyés par tel ou tel éditeur : j’y jette un rapide coup d’œil et je suis consterné : c’est encore pire qu’à mon époque… Les livres d’histoire sont hideux, les illustrations choisies avec mauvais goût, les commentaires tendancieux et de plus, règne absolu de la pensée unique… Il y a la « vérité officielle » et c’est tout : une seule version des faits, laïque, républicaine et obligatoire, que l’on ne doit pas contester sous peine de rétorsion. Leur but n’est pas d’éduquer les enfants, de leur donner ce soi-disant « libre arbitre » mais tout simplement de les endoctriner pour leur cause, en faire des golems dociles et incultes, dont les pulsions primaires habilement entretenues dopent la machine économique et créent un réservoir de haine que l’on vide sur les vrais opposants quand ces derniers deviennent trop dangereux pour la caste. Les enfants français sont les jouets d’une sorte de Léviathan nés des amours tératogènes entre les deux matérialismes qui ne sont que les bras du cerveau planétarien. Il suffit d’ailleurs de voir le résultat : les chiens ne font pas des chats, l’actualité récente le prouve encore : à Ajaccio, deux collégiennes se sont suicidées en se jetant dans le vide, une troisième ayant été sauvée in extremis. Comme l’écrivait à juste titre Philippe Randa dans sa chronique du 26 mai : « Alors même que cette épidémie de suicide défraie la une de notre actualité, paraît dans Le Monde un article sur la progression du nombre d’enfants fugueurs, alors que se multiplient dans les cours de récréation jeux du foulard, de suffocation ou d’agressions si à la mode dans nos sociétés occidentales, les États-Unis d’Amérique se singularisant par des tueries à l’intérieur des lycées, complaisamment rapportées sous toutes leurs sanglantes coutures par nos médias. La belle jeunesse occidentale en a visiblement un coup au moral. Celle des pays du tiers ou du quart-monde est trop occupée, elle, par manger chaque jour à sa faim pour songer ne serait-ce qu’un instant à de telles fantaisies. La fugue, le suicide ou les jeux de cons restent une prérogative de peuples riches ». Les enfants de notre peuple étant élevés dans l’amour du beau, du bien et du vrai, ils ne comprennent pas pourquoi les jeunes de leur âge situés de l’autre côté de la « frontière » en viennent à se tuer. Les petits Français sont en tout cas la preuve vivante, enfin, la preuve morte quand ils parviennent à leurs fins, de l’inanité de la République et de son système scolaire. Comme dit l’Evangile : jugeons l’arbre à ses fruits. La comparaison est totalement en notre faveur… La directrice m’a signalé que le livre de sciences-naturelles était encore pire que les autres : elle a même été obligée de faire constater de visu aux parents les horreurs qu’il y avait : ils ne l’avaient pas crûe !

La petite école est à flanc de montagne, dans un petit coin paisible de la Savoie. Du banc qui limite la « cour de récréation », j’ai une vue plongeante sur la vallée, les montagnes mordant comme des dents le bleu pâle du ciel. On entend chanter les oiseaux, les cloches des vaches, on voit serpenter en contrebas une rivière. Mêmes les routes serpentent, paisibles, allant d’un hameau à l’autre. On distingue les toits rouges des Echelles, la ville voisine. Je regarde le ciel, trois oiseaux, qui me semblent suffisamment gros vu la distance, pour être probablement des rapaces, planent majestueusement, effectuant boucles et arabesques. Ils sont libres eux… Nous, nous sommes en liberté conditionnelle… Comme dit la chanson : « La France est un pays de liberté, mais de liberté surveillée et ce n’est pas au fond des prisons qu’il faut avoir peur des matons ». Au bout du chemin qui relie l’école du bonheur, loin de la ville, à la route, il y a la France. La population locale n’est ni hostile, ni favorable à l’école. C’est l’indifférence qui prévaut. Pour eux, les élèves sont des étrangères. Elles ne font pas partie de la Cité. Lorsque l’école fut fermée, pas une famille des environs n’est allée « aux nouvelles », ne serait-ce que pour savoir comment les petites allaient rentrer chez elles. Loin de chagriner, cette ignorance délibérée met au moins les choses au clair : la France ne veut pas de nous, d’où réciprocité. Un jour viendra où, lors de la levée des couleurs, les fillettes de demain regarderont monter le long de la hampe un drapeau qui ne sera plus bleu-blanc-rouge mais qui sera celui de l’Etat libre Tradilandais. Quel chant annonçant notre libération sortira comme un cri du cœur ? « O Marie, O mère chérie, garde aux cœurs des Français la foi des anciens jours, entend du haut du Ciel, ce cri de la patrie : catholiques et Français toujours ! » Voire même, qui sait, l’hymne du Parti dans Tradiland : « En chemise bleue bras tendu vers le ciel, nous défendons nos valeurs éternelles, communiant dans le même idéal : la Grande Révolution Nationale. Nation élue par Dieu désignée pour apporter au monde la Chrétienté. Mein Tradiland, Mein Heimatland, Tradiland, par nous, pour nous ! Tradiland, Tradiland, par nous, pour nous ! ». Ou peut-être l’Hymne des Louvettes, tiré du même livre : « Pour nos papas combattant à la guerre, pour tous nos frères engagés dans l’armée, nous les louvettes avons l’âme fière, nos sacrifices les feront rentrer. Quand Dieu sonnera l’heure de la délivrance, nous les fillettes seront la relève, nous sommes l’enfance, nous sommes l’espérance, et Tradiland est notre rêve. Purs sont nos corps et pures sont nos âmes, pures comme la race et comme le Parti, pures comme la neige du haut des montagnes, nous petites filles de la Patrie ». En tout cas, une chose est sûre, ce ne sera pas La Marseillaise car « le sang impur » qui « abreuve nos sillons », c’est le nôtre…
Nous nous rendons à la chapelle de l’école pour prier. Hermine, mon aînée, raconte notre voyage à la directrice et lui dit qu’à Saint-Etienne, « papa a montré à Maël là où ils jouent au foot » (le stade Geoffroy-Guichard, que l’on voit très bien de l’autoroute). Bien que le football soit davantage plébiscité à La Péraudière et totalement inconnu à Saint-Franc, Mademoiselle Marie-Thérèse, hilare, nous apprend : « Nous avons trois supportrices de Saint-Etienne dans nos élèves ». Braves et délicieuses enfants… bien évidemment Stéphanoises ! Supporter un club qui a eu son heure de gloire de 1969 à 1981 sur des valeurs totalement opposées au « foot business » incarnées jusqu’à la nausée par le voisin et rival honni, l’Olympique Lyonnais ? Quand on défend la tradition, on fait les choses à fond… Dans la petite chapelle, une ancienne étable transformée, mes filles examinent la statue du petit « Enfant Jésus de Prague » et confirment la ressemblance avec le petit frère. Nous rentrons par la buanderie, où sont accrochées au porte-manteau les blouses bleues des filles et où leurs chaussures et chaussons sont bien rangés dans leurs casiers. Même absentes, on les sent présentes. L’heure est venue de changer de montagnes, de quitter cette enclave tradilandaise, traverser la France et retourner dans une autre portion de notre petite patrie. Le mot de la fin, qui résume tout l’article, qui en est le thème central, l’alpha et l’oméga, je le laisse à ma fille aînée, Hermine : « Papa, Maman, je veux aller à l’école à Saint-Franc »… La vérité sort de la bouche des enfants.

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Sunday, August 13, 2006

Un petit ange de plus (Une des Lettres Fersanes n°57 - décembre 2005)


Dieu a décidé d’éprouver son troupeau ces temps-ci. 17 mois après l’assassinat de petite Jeanne-Marie, c’est un autre enfant de Tradiland qui disparaît dans un tragique accident agricole. Mayeul Assier de Pompignan, 6 ans, est mort étouffé après être tombé dans une serre de stockage de grains dans la ferme de son grand-père. Deux ouvriers agricoles tradilandais, Bertrand Champenois (48 ans) et son fils Henri (16 ans), moururent également en voulant sauver le bambin. Le drame en lui-même nous incite au recueillement et confirme l’enseignement du Christ : il vient vous chercher comme un voleur, on meurt à tout âge, ce qui implique que l’on doit être prêts en permanence. Ce qui doit nous inciter à la méditation, c’est le fait que nos deux petits anges ont « senti » leur mort prochaine et qu’ils y étaient prêts. Une coïncidence étonnante : quelques semaines avant leur mort, Mayeul et Jeanne-Marie avaient été retirés des écoles du monde, le premier pour être scolarisé dans les écoles de la Fraternité Saint-Pie X, la seconde pour être scolarisée à domicile. Jeanne-Marie, nous l’avions dit dans Le Libre Arverne, tenait un petit cahier dans lequel elle parlait de sa foi. Et quelques jours avant son martyr, elle ressentait que son heure allait bientôt arriver. Même cas de figure pour Mayeul, enfant terrible à l’école qui, d’un coup, s’est assagi et qui, quelques temps avant sa mort, disait à ses petits camarades qu’il irait bientôt « voir Jésus ». Nos enfants, nos petits anges, montrent la voie. Un peuple capable de générer une telle jeunesse a le devoir de leur offrir une patrie. Malgré le deuil, la douleur de deux familles qui est devenu celui de toute une nation, c’est l’attitude des Français dans cette affaire. Pas des corps constitués, mais des simples habitants de ce qui a été jadis notre pays. Dans le journal socialiste et maçon La Montagne, une habitante du village de Saint-Gérand-de-Vaux (Allier) où s’est déroulé le drame, témoigne : « Des gens très gentils, très catholiques, toujours prêts à rendre service ». Une autre confirme : « Ma fille Pauline a été scolarisée pendant deux ans avec Mayeul à l’école de Saint-Gérand. Je suis très choquée, c’est un drame terrible. Je pense aussi à ses parents, une famille très pieuse ». Notre-Dame-du-Pointet, « chef-lieu » de Tradiland dans le Bourbonnais était plus que trop petite pour contenir la foule venue assister à la messe d’enterrement de Mayeul. 2000 personnes, autant que pour Jeanne-Marie (alors que la population tradilandaise dans l’Allier est d’environ 1000 habitants), la quasi-totalité de la gendarmerie départementale mobilisée pour assurer le passage du convoi funéraire (à la fureur de quelques pandores au tablier en peau de goret qui firent des commentaires non seulement déplacés mais odieux). En fait, si on compare la mort de petit Mayeul et de petite Jeanne-Marie, on s’aperçoit qu’il reste encore beaucoup de braves gens dans le peuple Français, même si nos valeurs sont devenues totalement différentes au point que nous formons désormais un autre peuple. A tous ces gens qui sont venus aux enterrements rendre un dernier hommage à nos petits anges, nous disons merci. Il faut reconnaître que l’immense majorité des persécutions commise contre notre communauté le sont par l’Etat et par ses collaborateurs. En ces temps où nous avions acquis la certitude que la République est prête à faire couler à nouveau le sang chrétien, nous sommes rassurés de voir qu’il y aura le moment venu, Deo Gratias, des Justes qui nous protégerons et nous assisterons sans rien demander en retour. Qu’ils soient bénis dès maintenant. Que nos petits anges du Ciel veillent sur nos petits anges de la Terre.

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In memoriam Jeanne-Marie Kegelin (28/07/1993-18/06/2004) (Editorial des Lettres Fersanes n°41 - août 2004)

Le monde actuel est tellement sale, la société tellement répugnante, que Dieu avait besoin d’un ange de plus. La société nous a parqués dans une sorte de ghetto où nous subissons tous les désagréments de ce genre de situation sans en avoir le moindre avantage. Chaque époque à ses saints et ses martyrs, la nôtre ne fait pas exception. A quelques années d’intervalles, trois tragédies ont frappé notre petit monde de la Tradition, chacun étant un symbole, un témoin, une bougie qui éclaire la nuit. Il y a les quatre petits scouts marins, qui jusqu’aux derniers instants de leur vie nous ont montré ce que c’était que le courage. Il y eut Michel Raoult, militant anti-avortement assassiné lors du carnage de Nanterre par Richard Durn, psychopathe gauchiste aux antipodes des valeurs qu’il défendait. Dans un monde de larves, quatre petits gars ont montré ce qu’était le courage. Dans un monde de mort, un élu défenseur de la vie est tombé sous les balles de la haine et du fanatisme. Dans un monde où la pornographie et la débauche règne, il fallait une petite martyr de la pureté, une nouvelle Maria Goretti. Agée de 11 ans comme la petite Italienne, Jeanne-Marie Kegelin a donc connu le long martyr en haine de la pureté, fauchée dans les années de l’innocence par la barbarie des hommes et la perversion de la société. On dit que Dieu ne nous parle plus. Je trouve qu’en ces derniers temps, il allume les bougies dans les ténèbres, comme s’il éclairait le chemin à suivre. Il y aura d’autres bougies, d’autres souffrances et d’autres morts avant la levée du jour. Il ne faut surtout pas perdre espoir, le Bien finit toujours par triompher du Mal, même s’il paraît mal en point…

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La pureté, rebellion anti-système (Une des Lettres Fersanes - août 2005)


Dans notre société décadente, la vraie rebelle n’est pas celle que l’on croit. Ce n’est pas la petite « caillera » de banlieue, pas plus la dindonnette bobo, encore moins la militante altermondialiste mais mondialiste quand même. La vraie rebelle, c’est la petite tradinette. Nous en avons la confirmation quand on voit comment la propagande régimiste réagit à cette recrudescence de la vertu de pureté chez les adolescents, notamment aux Etats-Unis, cette nation-continent capable du pire comme du meilleur. Il n’est pas étonnant de voir l’hebdomadaire Le Point (16 juin) à la pointe de l’offensive : dirigé par le trilatéraliste Imbert, il compte dans ses rangs le triste BHL auteur de cette phrase qui résume toute leur pensée : « la pureté mène à Auschwitz ». Cette haine est en droite ligne de l’enseignement talmudique prônant la destruction de la pureté chez les goïm, afin de mieux les diriger. Soljenitsyne l’avait d’ailleurs très bien compris : « On contrôle plus facilement un peuple avec la pornographie qu’avec les miradors ». Dans ce numéro Emmanuel Saint-Martin critique vertement ces tous jeunes adolescents de 12-13 ans qui décident de porter un « anneau de pureté en argent ». Il prend pour argent comptant les « travaux » d’une Université américaine connue pour ses prises de position gauchistes, disant que seuls 12 % des jeunes respectent leur engagement et que cela ne fait que retarder de 18 mois leurs premiers rapports et qu’en plus, ils deviennent traumatisés et ont des rapports non protégés. Si ces chiffres sont vrais, et rien ne prouve qu’ils le soient, ceci indique simplement que les protestants réussissent bien moins que les catholiques. Ce qui est logique, n’ayant pas la grâce sanctifiante des sacrements. Déjà, dans son numéro du 4 juin 1996, Le Figaro s’attaquait à ce retournement de tendance sous la plume d’Alexandrine Bouilhet, en utilisant les « travaux » du très contesté CNRS (beaucoup de chercheurs mais fort peu de trouveurs…) On voit réapparaître cette volonté de pureté adolescente chez les églises protestantes conservatrices américaines. Ils sont bien braves les Parpaillots, mais il s’agit tout simplement de ce qu’enseigne l’Eglise catholique depuis 2000 ans, sans avoir besoin de ce rituel si typique de la mentalité assez particulière sévissant Outre-Atlantique. Mon égérie, qui a 32 ans et cinq enfants n’a pas l’ombre d’un quart de commencement de vieillissement, s’étonnait de voir de jeunes filles du monde de 18-20 ans moins fraîches que les poissons d’Ordalfabétix. C’est d’une logique implacable : la perte précoce de la virginité, conjuguée à une hygiène de vie désastreuse, amène à ce fanage avant l’âge. Elles pourront se barbouiller le groin de toute la graisse de bœuf en cosmétique, même tartinée au typex une feuille ne redevient plus vierge. Quand je vois la dégaine des lycéennes d’aujourd’hui, je loue chaque jour le Ciel de ne plus être adolescent. Moi j’étais fait pour la chasse aux biches, pas pour la pêche au thon. En beauté pure, la plus quelconque des tradinettes sera toujours plus jolie que la plus « belle » des filles du monde. Dans le monde actuel, un adolescent qui conserve sa pureté jusqu’au mariage mérite « total respect ». Mais comme on le dit dans le Notre Père : « Ne nos inducam in tentationem ». Comme un diabétique n’apprécierait pas vraiment se retrouver au milieu du chariot des desserts, nos enfants doivent être soustraits le plus possible des foyers de corruption d’un régime qui n’a de cesse que de détruire ce qu’ils ont de plus précieux. D’où la nécessité d’utiliser exclusivement les écoles tradilandaises, les organisations de jeunesse tradilandaises, en attendant de pouvoir vivre en pays tradilandais…

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Noël, joyeux Noël (Editorial du Libre Arverne n°114 - 23/12/2004)


Nous voici donc rentrés dans la période des Fêtes de Noël. Loin de la folie mercantile qui anime une société à la dérive que nous espérons voir disparaître d’ici peu, nous fêtons la naissance du Christ avec la dignité et la solennité qui se doit. Noël, moment magique entre tous. Au manoir de The Fersan’s Family, nous avons dressé la crèche traditionnelle avec les angelots : la bâtisse en elle-même avec le bœuf et l’âne, Saint Joseph et la Très Sainte Vierge, la mangeoire contenant le petit Jésus ne faisant son apparition que le 25 décembre. Après la Sainte Famille, le reste : les Rois Mages avec les chameaux, le page noir et le chamelier (que ma blonde a longtemps pris pour le Ravi. Nous n’avons pas de ravi dans la crèche, je vais aller capturer au lasso un admirateur de Sarközy, il fera très bien l’affaire…) ; les bergers et leurs moutons et les anges. Chaque angelot à son mouton personnel, avec un fil de laine autour du cou pour l’identifier. Chaque journée, si l’angelot a été sage, le mouton avance, dans le cas contraire, il reste sur place. Outre la crèche, nous avons également décoré le sapin (en plastique, pitié pour la nature, sauvez un arbre : tuez un castor) avec les traditionnelles boules et guirlandes. Chez nous, les adultes ne font pas prendre aux enfants des vessies pour des lanternes : « Le Père Noël, ça n’existe pas ! » dit du haut de ses quatre ans ma Marianick qui sait que c’est une arnaque comme la démocratie ou les chambres à gaz. Le Père Noël est une version laïque du Santa Claus (Saint Nicolas) américain, avec sa barbe blanche et son habit rouge qui ne manque pas de rappeler que ce n’était à l’origine qu’une opération marketing d’une célèbre marque de décapant buvable sise à Atlanta dont la livrée des bouteilles est de teinte identique.

La magie de Noël est d’essence spirituelle, en rien mercantile. Ce n’est pas l’orgie alimentaire, la course aux cadeaux et les vœux aussi hypocrites qu’irréalistes. Le seule, l’unique rôle de Noël est de fêter la naissance du Roi des rois. Combien de gens iront à une messe de Minuit et sanctifierons cette fête ? Peu à mon avis, et encore moins ceux qui se rendront à une messe valide. Nous irons, dans le froid revigorant de décembre, prier au pied de la Croix celui qui est à l’origine de cette fête, celui qui est né quand le jour est le plus bas, le Sol Invictus, la roue solaire invaincue et invincible qui éclaire le monde pour les siècles des siècles. Point de ripailles en perspectives, point de visite chez des marchants d’inutiles (vous prenez ma camelote ? Je l’aurais parié, et vous allez la prendre à crédit, là aussi je l’aurais parié…) venus nous proposer la dernière cochonnerie made in ailleurs dont l’inutilité est proportionnelle au prix. Le bonheur ne s’achète pas à coups de billets de 100 euros et n’est pas soignable par la fièvre acheteuse. Sancta Simplicitas. Il fait bon dans la maison (et quand, cuve vide oblige, il fait 10° dans la maison pendant 48 heures, Dieu que le retour du chauffage est loué avec les hosannas de circonstance !). Dans le salon où les bûches pourraient crépiter dans la cheminée si l’envie nous en prenait, les enfants joueront au pied du sapin avec les cadeaux qu’ils auront reçu : Baudouin (Angelot IV) avec China, son panda en peluche ; Maël (Angelot III) avec son camion de pompiers ; Marianick (Angelot II) lira son livre Martine baby-sitter pendant que Hermine (Angelot I) fera de même avec Martine apprend à nager. La chaîne stéréo diffusera les cassettes et autres CD de chants de Noël. Nous serons en famille et nous serons bien. Pourquoi chercher le superflu, le dérisoire, le nouveau pour le nouveau ? Notre seul bonheur sera la joie des enfants ouvrant leur paquet-cadeau, de prier tous ensemble l’avènement du Divin Enfant, de savoir que l’an prochain, Alice (Angelot VI) sera à nos côtés pour le Noël 2005.

2004 a été une année de tempête. Année du singe chez les Chinois, 2004 a vu les ennuis se précipiter sur nous hurlant comme des bandar-logs. La tempête a été multiforme et omniprésente : aux soucis matériels récurrents, nous y avons également ajouté les larmes d’un Angelot remonté au ciel avant même de naître, notre petit Camille n’est pas remonté tout seul au Paradis, plusieurs couples amis ayant également perdu prématurément des espérances. Dieu avait besoin d’une promotion d’anges supplémentaires. Et à l’heure de Noël, pensons qu’en Alsace, une famille fêtera la Sainte Naissance avec une chaise vide. Une petite fille n’ouvrira pas ses cadeaux. Jeanne-Marie ne le fera plus jamais, victime de l’incompétence criminelle de juges rouges et de médecins marrons. Le gros temps a également frappé nos navires de proue, le paquebot continue à dériver, gouvernail en miette ; et même la nef traditionaliste a pris l’eau dans l’estuaire de la Gironde. La répression a également durement frappé nombre d’entre nous. Dans le maquis du combat d’idées, la prison a refermé ou refermera ses grilles sur les meilleurs d’entre nous : Zündel, Amadruz, Berclaz, Verbecke, Reynouard, Thore… la liste s’allonge mois après mois. Les pierres des chemins hurleront la vérité comme dit l’Evangile. Que demander pour 2005 ? Un peu de sérénité, ce qui ne fera de mal à personne. Cela dit, on voit poindre à l’horizon les signes avant-coureur d’une forte tempête. L’idée de Tradiland commence à se répandre, ce qui est encourageant. La diaspora disait « l’an prochain à Jérusalem ». Nous qui sommes devenus une diaspora dans ce qui a été jadis notre pays, nous disons : « l’an prochain à Tradiland ». Sursum Corda…

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Chroniques vendéennes (Editorial du Libre Arverne n°101 - 23 septembre 2004)


Délocalisation temporaire des locaux et me voici en quelque sorte « correspondant de guerre » en Vendée, prenant des vacances bien méritées après six ans sans congés. La Vendée, avais-je prévu, deviendra la façade maritime de Tradiland. On ne peut pas trouver mieux. Terre chrétienne et mariale s’il en est, c’est vraiment le centre de notre mémoire. Notre escapade vendéenne a commencé le dimanche matin par la Chapelle Saint-Michel de La Roche-sur-Yon, cette ville bleue en terre blanche. Située dans l’arrière-cour d’une boulangerie, dans un hangar aménagé du mieux que l’on a pu, la petite chapelle a un cachet «église des catacombes » qui ne peut que nous faire rappeler le Grand Holocauste, le vrai, le seul, l’unique : le génocide de 1794. Bien entendu, pays traditionaliste oblige, la chapelle est bien trop petite et une dizaine de bancs est installée dans la cour de la boulangerie et ce alors que le département compte cinq centres de messe Saint-Pie V. Le QG fersanien a été installé à Longeville-sur-mer, près de La Tranche-sur-mer, célèbre selon Chevallier et Laspallès pour ses temples hindous et ses pyramides incas, quoi qu’il paraît que lorsqu’on en a vu un, on les a tous vus… L’arrière-saison est belle, ce qui permets aux enfants de barboter comme des canards, sur des plages désertes dépourvues d’abrutis à bouée Snoopy et de mannequins de chez Olida aux maillots virtuels de fin de ration de tissu moldave et exhibant ce qu’on appelle par antinomie des « charmes », montrant que l’Ossétie n’a pas le monopole des horreurs.

On ne peut pas concevoir une visite en Vendée sans passer par Les Lucs-sur-Boulogne, notre « Oradour » ô combien moins commémoré, ce qui prouve que le régime considère les catholiques comme des « sous-hommes ». Dieu sait que j’ai pu être féroce avec cette galinette cendrée, ce « Veau-le-vicomte » de Villiers, mais je dois reconnaître que notre mémoire est relativement sauvegardée avec lui, ce que le puissant lobby négationniste ne lui pardonne pas. Les Lucs-sur-Boulogne, 564 femmes, enfants, vieillards massacrés en haine de la foi par la racaille républicaine. 454 noms gravés à jamais dans le marbre, allant du bébé de 15 jours (Etienne Bériau) à la vieillarde de 80 ans. Chaque enfant de France doit aller visiter ce lieu de mémoire pour y apprendre, pour y comprendre, à quoi mène la haine de la religion, l’intégrisme républicain, le fanatisme de la liberté. De retour à La Roche-sur-Yon, nous avons croisé dans les faubourgs occidentaux de la ville un curieux bâtiment à l’architecture typique fin Pompidou – début Giscard d’Estaing, dont la croix apparente laissait présager qu’il s’agissait d’un lieu de culte. A Longeville-sur-Mer, il y a une superbe église du XIe siècle (avec des parties VIe siècle semble-t-il…) mise à mal par une lignée de curés modernistes qui l’ont saccagée avec leur panneau mural genre « le comité d’entreprise, syndicat CGT-cultes, vous parle » et surtout, non pas la table à repasser mais carrément la table de cuisine en plein milieu du bâtiment, avec la présence du Saint Sacrement relégué tout au fond de l’église, que si j’étais Dieu, je n’aurais qu’une envie : aller ailleurs. Cerise sur le gâteau : les splendides confessionnaux en pierre transformés en débarras. Il est vrai que l’on ne pêche plus paraît-il. En enfer, selon les gourous de la secte modernistes, ne doivent aller que les électeurs du FN et les vrais chrétiens. Passons un marché avec la secte : à la messe traditionnelle les bâtiments anciens, à la nouvelle messe les nouvelles églises. Pour les évêques que l’on a, la cathédrale-temple maçonnique-centre gnostique-synode droit de l’hommard-supermarché d’Evry suffit largement. Et pour leurs prêtres adeptes de l’Evangile selon « saint Marx », un bâtiment en béton sans âme, sans foi, sans tradition et sans Dieu, indifférencié de la cellule locale du Parti, irait mieux aux pasteurs de brebis virtuelles.
Puis, les vacances finies, cap sur le sud de la Gironde avec messe à l’école de Saint-Macaire. Comme en Vendée, une église trop petite, des poussettes partout dans les allées, des petites créatures trottinant, des mamans au ventre arrondi, des papas endurcis par le redoutable parcours du combattant (poussage de poussette, récupération au vol du bambin qui s’aventure dans l’allée, essuyage des miettes de gâteau sur le costume, rampement sous les bancs pour évacuation de biberon en zone hostile), le même corps de ferme transformé en école avec le classique hangar devenu chapelle… Saint-Macaire est un collège de filles, semblable à tant d’autres. En ce dimanche, il y avait d’ailleurs à la messe trois d’entre elles, dans l’uniforme caractéristique des élèves des dominicaines. Sur le chemin de la sortie, on peut d’ailleurs voir la bibliothèque contenant les livres de classe des demoiselles, les cahiers impeccablement tenus… Le collège ressemble, dans la configuration et la décoration des salles, à ceux des écoles privées des années cinquante. A vrai dire, nos petites tradinettes n’ont rien, mais alors rien du tout, à dire aux filles de leur génération. Dans ces écoles, elles y reçoivent non seulement une instruction mais aussi une éducation, ce qui fait toute la différence. Dans ces enclaves protégées, pas de racket, pas de viol, pas de racisme anti-français, pas de discrimination religieuse, pas d’endoctrinement marxiste, par de lavage de cerveau par les féminazies, pas de pilule, pas de musique tribale, pas d’avilissement vestimentaire ou culturel, pas de tabac, pas d’alcool, pas de drogue… Plus intelligentes, plus instruites, plus jolies, plus fraîches, elles sont une élite forgée dans l’or le plus pur qui s’alliera avec l’airain de nos écoles de garçons. Cette société ne les mérite pas, car, comme disait le Christ, on ne donne pas des perles aux pourceaux. Marie, Jeanne-Marie, ont été tuées par la société, victimes du dérèglement moral de celle-ci. Avoir des enclaves, c’est rassurant, réconfortant peut-être, mais nous refusons de finir comme le Bophutatswana. Notre combat présent et à venir est d’assurer à notre peuple une vie paisible dans un pays qui sera vraiment le sien, un pays où notre culture, notre mémoire, notre dignité, nos valeurs seront respectés. Mein Tradiland, mein Heimatland.

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Un mariage à Tradiland (Editorial du Libre Arverne - 19 juin 2004)


Jeudi 12, The Fersan’s Family était de mariage. La marraine de mon aînée convolait en juste noces à Notre-Dame-du-Pointet. Une fois franchi le porche où la statue de la Vierge nous attendait ouvrant ses mains en signe d’accueil et de miséricorde, c’est comme si nous avions passé la frontière. Bienvenue à Tradiland ! Pour parodier une marche militaire allemande, c’était «Mein Tradiland, Mein Heimatland ». La chapelle est trop petite pour accueillir la famille et les amis des mariés. Avec la robe jaune et la couronne de fleurs des enfants d’honneur, mon aînée était installée au premier rang avec les autres petits du cortège et les petits acolytes en soutanelle rouge. Juste retour des choses : la demoiselle d’honneur en chef lors de notre mariage était précisément la mariée. Comme le temps passe. Il n’y a plus grand chose à voir entre un mariage « du monde » et un mariage « tradilandais ». Après le darwinisme social, le wegenerisme social : comme les continents, les sociétés dérivent inexorablement. Elles s’éloignent. Déjà, elles n’ont plus rien à se dire. Bientôt viendra le jour où elles ne se verront même plus. La petite mariée était belle comme une poupée de collection dans sa robe virginale en satin qu’elle était digne de porter et le grand marié était martial dans son uniforme d’apparat de sous-lieutenant, portant ses trois décorations. L’occasion pour nous de revoir un couple d’amis du temps du Chapitre Saint-Joseph et de mon premier pèlerinage de Chartres, qui a fui une Seine-Saint-Denis où il était étranger pour le paisible Bourbonnais… Nous nous sommes mariés la même année, 1997. Eux en mai, nous en octobre. Ils ont cinq enfants, nous aurons le cinquième en janvier. Sauf coup du sort, nous risquons fort de faire encore grimper l’indice de fécondité tradilandais qui, d’après les dernières études, est encore à la hausse : 6,4 au lieu de 5,9 !

Beaucoup d’uniformes : le marié, nous l’avons dit, le papa du marié et ses cinq galons de colonel, le témoin du marié qui n’est autre que l’époux de la marraine de ma deuxième fille (nous sommes une immense famille)… Armée de Terre, Marine, Armée de l’Air, Gendarmerie, toutes les armes étaient représentées. La peste soit de ce vaccin maudit m’empêchant de rentrer dans mon uniforme d’Enseigne de vaisseau de 1e classe. Car si la femme doit porter ne serait-ce qu’une fois dans sa vie la robe de grossesse pour être pleinement femme, l’homme doit porter ne serait-ce qu’une fois dans sa vie l’uniforme pour être pleinement homme… Malgré l’origine modeste des deux époux, les familles et les amis sont habillés selon les convenances tradilandaises, aussi immuables que le cycle des saisons ou le lever du soleil : chapeaux et robes décentes pour les dames, costumes et cravates pour les messieurs de la société civile. Les ventres arrondis de plusieurs jeunes femmes confirment la légende selon laquelle tout Tradiland est dans le fichier-client de Sodial (célèbre grossiste en dragées de luxe sis à Cournon d’Auvergne). L’un des moment forts du mariage a été la haie d’honneur réalisée par les camarades de promotion du marié, tous en tenue d’apparat. « Présentez armes ! ». Les officiers tendirent leur sabre en l’air, à bout de bras, et les époux passèrent sous cette arche métallique. Voici nos deux amoureux mariés suite à une belle messe et un sermon « pêchu », comme diraient nos jeunes officiers, du prêtre qui rappela les devoirs du mari et de la femme, notamment que si le mari est chef de famille, il doit se sacrifier pour sa femme et ses enfants et être un exemple perpétuel, ce qui est plus facile à dire qu’à faire…

En regardant l’assemblée, j’étais chez moi. Ce sont mes frères, mes compatriotes. Le nombre de non-Tradilandais présents devait se compter sur les doigts de la main gauche du capitaine Crochet… Nous avons les mêmes valeurs, la même culture, la même histoire, les mêmes joies, les mêmes peines. Nous sommes le même peuple ! Un peuple nouveau, un peuple en train de naître. Il faut que de chapelle en chapelle le message passe. Nous n’avons plus rien à voir avec ce régime. Lors de ce mariage, c’est comme si nous étions tous cousins à la mode de Bretagne. Les joies d’une famille tradie, c’est notre joie. Leur peine, c’est notre peine. Quand la petite Jeanne-Marie a été martyrisée (et comment ne pas penser à elle, petit ange remonté au ciel quand on a sous les jeux les petites filles du cortège dans leur robe d’innocence), c’est comme si tous mes enfants avaient perdu leur cousine. C’est comme si nous avions perdu notre propre nièce. Un mort dans notre chapelle est quasiment un deuil familial, une naissance est une joie. J’ai toujours d’ailleurs un pincement au cœur quand je vois une jeune mariée de notre grande famille, pensant toujours à Françoise Armagnac, fusillée dans sa robe blanche en haine de la Foi un sinistre jour de 1944 par la racaille communiste à la suite de plusieurs heures de calvaire. L’un des hauts moments du mariage fut le repas de noces. Outre les habituels « compliments » à la mariée faits par les sœurs (niark, niark, niark…) et au « panier du marié » (où l’on brocarde les épisodes marquants et les petits travers de la vie du marié, avec ici la présence d’un oreiller, d’un livre de devoirs de vacances pour l’anglais niveau 6e et de pleins d’autre choses encore), nous avons assisté à une soirée des plus sympathiques, où toute vulgarité était bannie. Pas de cette coutume dégradante qu’est « la jarretière de la mariée », preuve que chez nous les catholiques, la femme n’est pas un objet à vendre : la dot, ainsi que cette coutume venue du Moyen-Age, répugnante et attentatoire à la dignité de la femme, n’ont pas place chez nous.

Vint alors la fin du repas (pour le moins excellent, mais pourquoi faut-il que sur plus de 120 invités, le seul qui ait trouvé une agrafe dans ses champignons fut encore moi… Il n’y a que dans l’octave de l’Epiphanie que je trouve rien dans mon assiette) et le moment qui nous a plongés avec Madame de Fersan dans une crise de rire inextinguible : la fête. Imaginez le disc-jockey qui devait avoir quelques mariages derrière lui quand il a vu ce qu’on lui demandait comme musique. Il n’avait pas une mauvaise tête, des cheveux frisés roux qui lui donnaient de faux airs, en bien plus juvénile, de Martin Peltier ou de l’ami Mikaël Petit, notre vice-président. Mais pendant deux bonnes heures, il nous a fait un syndrome Robert Tripoux (selon la parodie des Nuls « Top Sentier » où sur 40 chanteurs classes dans cette parodie du Hit-parade, il y avait 39 Juifs et le fameux Robert Tripoux dont le titre de la chanson était un Qu’est-ce que je fous là ? sans ambiguïté). La première danse, tradition oblige, fut une valse, les mariés ouvrant le bal. S’en suivit ensuite une longue série de valse (et les jeunes n’étaient pas les derniers à savoir la danser) puis (et la tête du DJ valait son pesant de nougatine), le quadrille des lanciers, donnant à la soirée un côté XIXe siècle des plus agréables. Pauvre disc-jockey, il n’était pas au bout de son étonnement. Après le quadrille, retour des valses. Humiliation suprême sur le coup de deux heures du matin… voulant coûte que coûte nous mettre sa musique de daube (et il a attaqué fort le monstre : Jean-Jacques Goldmann et Louise Attaque) il vit la piste de danse se vider aussi rapidement et devenir aussi déserte qu’une église conciliaire de banlieue ! Avec ma douce, cela nous a réjouit pour le reste de la semaine ! Pendant cette soirée, notre aînée a encore fait sa cheftaine, organisant les jeux et prenant en main des enfants plus âgées qu’elle. Elle s’est ensuite trouvée une amie de son âge, la petite huitième d’une fratrie de onze, aussi blonde et aussi chipette qu’elle… «Mon papa, vous voulez bien que Blanche vienne jouer à la maison un jour ? » me dit du haut de ses 5 ans mon petit adjudant qui a les cheveux anglaisés blonds et les yeux noisettes de sa maman mais qui a le sens de la répartie de son papa. Elle va promettre celle-là, c’est moi qui vous le dis et chez les Fersan, c’est comme chez les Le Pen : vous avez eu le père, vous allez avoir la fille !!!

Le lendemain, comme un “choc en retour”, j’ai reçu une missive de la Fête du Livre d’Aigueperse à laquelle je devais me rendre le 22 août et où j’avais participé deux années de suite. Le président en personne m’envoyait une lettre manuscrite (avec accusé de réception s’il vous plaît…) m’indiquant sans rire que « ma présence était indésirable » et que de plus « je n’étais pas membre de l’association », ce qui est faux, ayant acquitté la cotisation l’an dernier et celle d’avant. Le KGB n’est plus ce qu’il était : ils ont mis deux ans à s’apercevoir que j’étais sur la « liste noire » des écrivains. Nostalgiques du « Comité des Ecrivains » de 1944 pas morts. Enfin, je ne suis pas à plaindre. Pour le même crime (avoir déplu aux communistes) en 1945, Marguerite Thivat a agonisé trois jours pendue au pont d’Aigueperse en tenue d’Eve, les yeux crevés et la langue arrachée… Loin de me chagriner, cette exclusion ne peut que me réjouir. Plus on nous chassera, plus on nous discriminera, plus on nous interdira, plus on nous privera de la plus élémentaire des dignités et plus les gens comprendront la nécessité de l’état tradilandais, par nous et pour nous… Tiens, à propos de rien, samedi 21 nous nous rendons devinez où ? A un autre mariage tradilandais pardi !!!

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The Fersan's Family (Editorial du Libre Arverne n°82 - 13/05/2004

Bienvenue à Tradiland. On m’a souvent demandé à quoi ressemblait la vie dans le manoir de la Fersan’s Family. Il est vrai que notre style de vie, tout comme celui de nos frères et sœurs de la Tradition est tellement éloignée des critères du « monde » que les quelques personnes curieuses et ouvertes d’esprit se demandent : « comment vivent ces gens-là ? ».

Sans vouloir parler à la place des mes amis de la paroisse, voici comment les choses se passent chez nous, sachant que chez les autres, ce ne doit pas être différent. A 5 heures 30, le maître de maison se lève et le premier geste de la journée est d’allumer la cafetière, filtrant le carburant indispensable aux activités fersaniennes. Après la toilette, c’est le petit déjeuner à vitesse supersonique et l’ouverture de l’infernale machine informatique. Connexion Internet mise en place, épuration stalinienne de la boîte e-mail et lecture des courriels jusqu’à 7 heures 00, heure de lever de l’égérie fersanienne, voire des angelots (enfin, sauf les jours où angelot n°1, qui n’est pas la fille de son père pour rien, a estimé que les parents devaient être debout à 6 heures…) et heure de la prière en famille devant le Sacré Cœur. Pendant que l’égérie, Mam et les deux aînées déjeunent (les p’tits gars, plus jeunes, se levant plus tard), HdF fait sa revue de presse et attaque le numéro du Libre Arverne de la semaine jusqu’à la pause de 10 heures.

Pendant ce temps, l’égérie s’occupe de la maison et Mam fait la classe aux angelots. De 11 heures à 12 heures 30, c’est la rédaction du livre n°1 en cours pendant que l’égérie prépare le repas. Tout le monde est à table et Mam fait le rapport circonstancié de la classe du matin. Les petites ont le nez dans leur assiette, mais aujourd’hui, pas de reproches à faire : Hermine a bien su écrire ses lettres et commence à maîtriser la lecture des syllabes. Du haut de ses 3 ans, Marianick sait déjà lire toutes les lettres de l’alphabet. Hochement de tête satisfait du papa… Pendant que les adultes prennent leur café, leurs filles se font charmeuses pour avoir le droit au « canard », qui leur est accordé. Les garçons font la sieste et les filles vont jouer dans le jardin. A 13 heures 30, retour à la table de travail jusqu’à 15 heures pour le livre n°2. Puis, c’est l’heure d’aller poster le courrier avec Maël qui trépigne déjà devant la portière en disant : « Aller dans la voiture papa ! ». De 16 heures à 19 heures 15, c’est reparti pour les journaux et la conceptualisation des futurs projets.

Vient ensuite le moment de coucher les enfants, privilège du papa. Raconter une histoire, vérifier que chaque enfant a ses peluches (il y en a 42 au total et seul papa sait la répartition exacte…) et aller à quatre pattes sous le lit pour récupérer Solar le lézard, Berlioz le flamant rose, Sandra le boa ou Ubu la tortue, dont l’absence est pour l’enfant une catastrophe nationale. Après une heure passée avec les enfants, l’heure est venue pour papa de prendre son repas, puis de passer un moment avec maman pour faire le bilan de la journée, ensuite, c’est la récitation du chapelet en famille, la lecture d’un livre religieux, la prière du soir, les litanies du mois et pendant que maman se repose, papa retourne travailler jusqu’à officiellement 22 heures 30, souvent plus tard !

Après ses 12 heures de travail quotidien, le Pater familias va se coucher avec la satisfaction du travail bien fait. Le dimanche, le programme est évidemment tout autre. C’est le seul jour de la semaine où le Pater familias se lève en dernier, à 8 heures. Café, toilette et c’est l’heure de se préparer pour aller à la messe. Du haut de ses quatre ans et demi, Hermine sort la corbeille et demande : « Vous prendrez un morceau de pain mon cher petit papa ? Il est très bon ». Comme l’instruction commence dès le plus jeune âge, je l’informe des us et coutume : « Pas de pain ma fille, car je communierai avant trois heures ». Réponse de la demoiselle : « Ah oui, et moi je suis trop jeune pour faire renaître Jésus dans mon cœur ». Visiblement, les leçons de catéchisme de maman sont parfaitement assimilées… En trois-quart d’heure, les quatre angelots sont lavés, habillés et installés dans la vieille Laguna familiale et c’est le départ pour la chapelle.
La messe se déroule et, comme chaque dimanche, les angelots sont sages sous l’œil vigilant du papa. Ensuite, ils s’amusent dans l’entrée de la chapelle avec les autres angelots pendant que l’œil sur la progéniture, les parents de famille nombreuse échangent conseils, invitations ou commentaires sur l’actualité. Mais il est déjà l’heure de remonter vers la maison car, comme quasiment tous les dimanche, nous avons des invités : soit les parrains ou marraines de l’un des quatre angelots, soit la famille, soit des amis célibataires (il en reste) soit d’autres familles nombreuses. Le dimanche, le jardin se remplis de cris d’enfants, courrant, jouant, profitant de la bonne vie au plein air dans un milieu où la télévision, fossoyeur de la vie familiale, n’existe pas. Quant il pleut, on joue aux jeux de société (les petits chevaux ou le jeu de l’oie). Mais déjà le soir arrive et tout le monde est repartie pour une nouvelle semaine, jours tranquilles à Tradiland partagés entre l’exercice de sa profession, la vie de famille et le devoir d’état. Travail, famille, patrie.

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