Saturday, January 27, 2007

Leurs écoles et nos écoles (Editorial du Libre Arnverne n°136 - 26 mai 2005)

(Légende de la photo : levée des couleurs à Malvières en 1988. La demoiselle en haut à gauche de la photo est devenue ma femme...)

La fermeture de l’Ecole Sainte Anne de la Providence n’aura donc été que provisoire. L’heure est venue, après tout la Grèce antique est l’un des piliers de notre civilisation, de couronner quelques têtes de lauriers à l’instar des Muses, de se projeter dans l’avenir telle la Pythie et de songer à des soucis futurs telle Cassandre. Dès l’annonce de la fermeture de l’école, la mobilisation tradilandaise ne s’est pas fait attendre. Tradiland est aussi pauvre en euros que riche en générosité et efforts. Valeurs qui, au moins, ne dévaluent jamais. C’est la deuxième fois, après l’attitude immonde des autorités l’été dernier, bien plus impliquées dans le triple sacrifice humain que la simple clémence pour le tueur officiel, que la Gueuse s’en prend aux enfants tradilandais. On est en droit de se demander ce qu’elle nous réserve pour 2006. Attendons-nous au pire, nous ne serons pas déçus… Des professeurs venus de l’école des garçons de La Péraudière ont pris sur leurs vacances et leurs loisirs pour réaliser les travaux nécessaires de « mise en conformité » : installation d’un surcroît de rampe, d’un immense velux dans le toit pour le désenfumage, des prises de terre en abondance, des grosses plaques de placo-flammes au plafond des quatre chambres et au sol du second... ceci devait rappeler à mademoiselle Marie-Thérèse l’ouverture de l’école à Malvières en 1969, quand ce furent les garçons de la Péraudière qui assurèrent une part non négligeable des travaux d’aménagement de l’école des filles. L’école a réussi à passer le premier barrage. Comme le disait à juste titre le rédacteur de Coursière, le bulletin des anciens des écoles de Mademoiselle Luce Quenette : « On s’interrogera quand même sur l’aspect radical des injonctions formulées, et sur l’extension démesurée des domaines d’investigation dévolus à la puissance publique (…) nous voilà confrontés de plein fouet aux nouveaux péchés attentatoires aux droits de l’homme, qui remplacent les fautes obsolètes autrefois définies par le catéchisme ». Les motifs sont évidents et en droite ligne de ce que je dénonçais dans l’éditorial du n°126. Saint-Franc est une école d’exception que j’ai souvent comparé à une serre qui, dans un univers de pollution et d’aridité, fait éclore de merveilleuses fleurs dont la blancheur est plus colorée que la totalité de la palette du peintre. C’est une petite structure familiale, nichée à la campagne, avec un système d’éducation qui a fait ses preuves dans tous les domaines. Outre l’éducation au bien, au beau et au vrai (on pourrait même rajouter « au pur ») qui est également dispensée dans les autres écoles de la Fraternité, il y a de par son unicité structurelle un mieux. Dans cette école, les élèves et les enseignantes sont totalement impliquées dans le fonctionnement : jardiner, aller couper du bois, aller chercher le lait à la ferme… Tout ce que la République déteste, car les fillettes qui y entrent deviennent des jeunes femmes sachant se débrouiller dans la vie et ayant connu la vraie liberté, la vie saine et fraîche, loin de la ville et des fonctionnaires pondant normes et lois aussi stupides que leur étroitesse d’esprit. L’éducation de Malvières/Saint-Franc, c’est l’anti-République, c’est l’obéissance intelligente à une entité divine qui empêche la soumission stupide à l’homme naturellement tératogène, c’est le contraire de l’esprit laïcard frileux et trouillard qui tremble de peur et enfile ses petites normes, ses petits règlements, ses petites commissions de sécurité comme une dérisoire armure, qui ne l’empêchera pas de finir un jour comme tout le monde entre quatre planches de sapin, conclusion inéluctable d’une vie grisâtre et terne où il a abdiqué toute forme d’humanité. L’esclave de la République est déshumanisé : il est tellement prisonnier de règlements, terrorisé par les fables qu’on lui raconte, qu’on a pensé pour lui, agi pour lui et au fond vécu pour lui. Il est devenu un robot. Plus exactement, un golem… La société infantilisante de l’idéologie laïcarde est l’enfer sur terre. En écho, toujours en éditorial de Coursière, le rédacteur en chef, dont le métier est justement de protéger autrui, déclare très finement : « Pourquoi sommes-nous les otages d’une hystérie sécuritaire galopante qui prétend nous protéger malgré nous de tous les aléas de notre humaine condition ? Nul ne peut ignorer aujourd’hui que lui incombe un devoir de vigilance permanente contre toute agression susceptible de nuire à sa béatitude terrestre. Enfin délivré des ténèbres de l’obscurantisme, du carcan de la religion, et persuadé de sa propre capacité à parer tous les dangers, le citoyen moderne traque sans répit la moindre menace sur son bien-être. Le citoyen moderne a peur. Il a peur de tout, car hormis son confort, ses profits, sa jouissance, il ne perçoit aucune autre raison d’effectuer sur terre un trajet sans issue. Dès lors, il n’admet plus l’idée que la société soit impuissante à le protéger de tous les dangers et qu’elle ne parvienne pas à inventer une parade pour chaque risque potentiel. Au moindre incident, l’objectif premier devient la recherche d’un coupable, d’une personne physique ou morale qui endossera la responsabilité. Il n’accepte plus que se produisent des imprévus, des erreurs humaines. En tout il exige une explication et, surtout, une réparation, si possible en espèces sonnantes et trébuchantes. Face à ce comportement frileux, égoïste et profondément matérialiste, bien sûr, la puissance publique entend n’être jamais prise au dépourvu. Ayant organisé la société sans Dieu, abordant avec un contentement tartarinesque l’étendard laïque, elle se prétend capable de prévoir toutes les éventualités, même les moins probables, et s’impose de sauvegarder les individus à leurs corps défendant si nécessaire. Souvent prise en défaut néanmoins, elle tire partie des drames ou des accidents pour établir de nouvelles lois, de nouveaux règlements afin d’être toujours mieux assise et toujours plus irréprochable. La sécurité devient ainsi un enjeu majeur, une forme de religion impitoyable dont les sectateurs surveillent chacune de nos activités d’un œil inquisiteur. Malheur aux contrevenants qui ne sont pas alignés sur les derniers canons en vigueur ! ». Ceci rejoint mon analyse sur la structure génétiquement et volontairement totalitaire de la démocratie républicaine et laïque. Un vieux proverbe paysan dit que la peur est le commencement de la sagesse. Elle peut aussi en être son fossoyeur. Pendant ce temps, que se passe-t-il dans les écoles du régime ? Gérard Gilson, enseignant au lycée François-Arago de Reims, a été averti le 28 avril par le recteur de l’académie pour avoir « perturbé le bon déroulement des enseignements et du climat général de la classe ». Il avait en effet fait cours le 25 mars dans une autre classe que la sienne, la serrure de celle-ci ayant été sabotée avec du chewing-gum. Selon divers témoignages, cet enseignant aurait déjà été agressé à plusieurs reprises dans ce lycée-poubelle de la ville champenoise. Le recteur d’académie, monsieur Ali Bencheneb (tiens, je croyais qu’ils étaient discriminés…), s’est senti probablement solidaire des élèves de la classe de monsieur Gilson. Une affaire de lien du sang…. La cuvée 2004 des perles des copies du baccalauréat de nos petits rejetons laïcards vient d’arriver. L’avenir leur appartient : ils peuvent devenir Président des Etats-Unis : leurs écrits sont dignes de George W. Bush Jr . J’en ai cinq pages, je vais juste citer les plus amusantes : « Comme souvent, le peuple s’en est pris à un bouc et mystère », « Il fut condamné après un procès en bonnet de forme » (il ne manque plus que « fier comme un bar-tabac », « sorti des petits-suisses de Jupiter », « vieux comme mes robes » ou « n’essayez pas de m’enduire avec de l’erreur »), « Le gouvernement de Vichy siégeait à Bordeaux », « Le Vietnam est la capitale du Liban », « Un litre d’eau à 20°, plus un litre d’eau à 20°, égalent deux litres d’eau à 40 ° », « Mitterrand est mort du cancer de l’utérus », « François Mitterrand a été successeur de François 1er » (mais non voyons, de Ramsès II, sous le nom de Tontonkhamon), « La première guerre mondiale a fait une dizaine de morts, mais seulement chez les Allemands » (j’te claque la bise mon chum (ou ma blonde), tu m’apprends que je suis d’origine allemande), « Lady de Nantes a couché avec Louis XIV », « Les favorites couchent avec le roi pour devenir marquises. Ça s’appelle être anoblie » (« C’est pô juste ! » signé Monica Lewinsky), « Napoléon III était le neveu de son grand-père ». Et la dernière, un futur Piètre Vénal-Mickey en puissance : « Le maréchal Pétain sait qu’il faut arrêter le combat car aussi les alliés possèdent la bombe « Hiroshima » donc il sait que la lutte est trop rude, que la bataille est perdue face à un tel arsenal d’armement, au nombre de personnes et de militaires qu’ils ont perdu : 600 000 000 000 de morts. » (encore un qui a appris à compter avec Elie Wiesel…). Ce genre de niaiseries n’auraient même pas été écrites par le moins bon des élèves de 6e d’une école tradilandaise. Après, il ne faut pas s’étonner de les voir descendre dans la rue au soir du 21 avril… Les chiens ne font pas les chats et à société dégénérée, jeunesse de même. Notons que trois « perles » sont plus des erreurs de style que de la véritable inculture : « Les continents dérivent, peinards… » ; une qui aurait plu à Mike Jagger : « En 1935, Hitler rassemble ses fans à Nuremberg » (en 1940, il annule sa tournée anglaise et en 1945, c’est le concert d’adieu à Berlin) et la dernière, à mon avis de l’humour volontaire : « Les arguments de la Belgique s’effritent ». Tout ceci est évidemment le fruit d’une volonté, entraînant ça et là de saines résistances chez les parents. Dans le très mondain Madame Figaro du 25 septembre dernier, une mère d’élève avait appris à son fils à lire par la méthode syllabique et phonétique, n’ayant aucune confiance dans la méthode globale employée par l’institutrice/directrice de l’école. Celle-ci accusa la mère de faire le mal de son fils en s’occupant de son éducation scolaire, (et pour cause, cela risquerait de le rendre instruit et apte à la réflexion, c’est-à-dire un rebelle potentiel au totalitarisme démocratique). Un directeur de collège répondit à la même maman que les dictées ne servent à rien car les ordinateurs corrigent les fautes. Pauvres petits Français de souche dont les parents ne font pas partie des apparatchiks et qui n’ont pas la chance d’avoir un pays qui aime ses enfants… Ici et là, en dehors de Tradiland, une certaine forme de résistance s’organise : Anne Coffinier, qui possède toutes les « peaux d’âne » prisées du régime (normalienne, diplômée de Sciences Po, énarque), a décidé de promouvoir l’école indépendante en créant le site internet créer-son-ecole.com. Son but est de permettre, comme aux Etats-Unis, aux familles des classes moyennes et pauvres d’avoir un enseignement de qualité, elles qui sont privées des écoles réservées à la nomenklatura. Les derniers chiffres de l’OCDE sont accablants pour l’Education Nationale : malgré des budgets colossaux et des effectifs pléthoriques, elle produit 30 % d’analphabètes. Seul le Québec fait pire avec 38 %. Ce n’est ni l’argent, ni les moyens qui manquent. Simplement la volonté et la compétence. L’Education Nationale est en échec pour plusieurs raisons : il a été DECIDE qu’elle serait un échec, ce qui se répercute sur le recrutement et la formation des enseignants, et qui est amplifié par l’imposition d’un nouveau substrat sociologique dans les écoles. Nous en avons parlé et nous en reparlerons. Pour bâtir la « société totalitaire démocratique », il faut un peuple sans ressort. Pour « tuer » l’essence du peuple, on le déracine par le cosmopolitisme et le métissage, on le crétinise par la télévision et, en entravant l’instruction et la promotion sociale élitiste, on le terrorise et on le culpabilise par de vastes campagnes dénonçant des périls grossis ou inventés. L’horizon indépassable de la société, leur homme de demain, c’est un petit fonctionnaire étriqué et docile, rendu servile par l’alternance de la carotte et du bâton, n’osant pas traverser hors des clous par peur pour son petit confort, ses petits « acquis sociaux » et ses petits biens. J’en connais qui vont avoir un dur réveil passé l’Achéron. Ils essaieront de briser toute résistance, par les lois et, si cela ne suffit pas, par les armes avec lesquelles ils espèrent abreuver leurs sillons de notre sang impur. Cela va sans dire, mais cela va encore mieux en le disant. Ils ont lancé deux ballons d’essai. On ne pourra pas dire que l’on a été pris en traître. Concluons par cette phrase tirée de l’éditorial de Coursière et annonçant le témoignage d’une élève de l’école, qui démontre mieux que je le ferais la différence entre NOS écoles et LEURS écoles : « Je vous en livre de très larges extraits comme un hommage ému et reconnaissant à ces femmes d’action qui ont fait face à l’adversité avec un dévouement admirable et une énergie quasiment héroïque, habitées par le seul souci de poursuivre leur mission au service des enfants. Le feu sacré, si cher à Mademoiselle Luce, brûle dans ces âmes, plus ardent que jamais à l’heure de l’épreuve. Monsieur l’inspecteur d’académie aura trouvé là l’exacte antithèse de ses troupes de mercenaires que la moindre contrariété conduit aux revendications et à la grève au détriment des élèves. Telle est la différence entre les soldats du Christ et les bidasses des droits de l’homme ». Pour terminer par ma touche personnelle, je dirai ceci : le seul moyen pour que nos enfants puissent vivre chrétiennement, loin de la tyrannie laïque et de ses persécutions, c’est qu’ils aient un pays bien à eux. Hier, avant l’avalanche de coups bas, Tradiland se faisait désirer comme une fiancée. Aujourd’hui, Tradiland est indispensable comme une épouse. Mon cœur bat pour toi, mon sang coule pour toi, mon âme prie pour toi, Tradiland ma seule et vraie patrie.

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Wednesday, January 24, 2007

Les petits chaperons bleus marine et le grand méchant loup laïcard (Editorial du Libre Arverne n°126 - 17/03/2005)


La guerre sournoise mais totale contre la liberté d’enseigner vient de prendre un tour nouveau, que nous avons la tristesse d’avoir prédit lors de diverses conférences. Le 3 mars 2005, l’école d’élite Sainte Anne de la Providence à Saint-Franc (Savoie) a été fermée sur ordre de l’état sous prétexte de manque aux normes kafkaïennes de sécurité et ce alors que la quasi-totalité des établissement publics du département et de la région Rhône-Alpes ne les respecte pas. Le KGB étatique a débarqué en force dans les locaux à 9 heures 30 : le maire du village, le Major des pompiers et un de ses hommes de la brigade des Echelles (commune de Savoie), un gendarme, un employé de la DDE et « la commissaire politique » du groupe, la présidente de la commission d’inspection. Il ne manquait plus que le préposé au peignage de la girafe, le fonctionnaire-chef chargé du calibrage des cocottes en papier et naturellement, le raton-laveur…

Les fillettes et les enseignantes, présumées coupables d’office comme dans toute bonne république laïque donc soviétoïde, sont soumises à un interrogatoire serré, avec toute la monstrueuse froideur d’une sardine congelée dont sont capables sui generis les zélotes du Léviathan étatique. On interroge les élèves des petites classes (équivalent à l’école primaire) sur leurs frères, leur famille, les sorties scolaires, pourquoi portent-elles une blouse… Détail cruellement cocasse : les fillettes sont déguisées. A l’un des kagébistes tricolores demandant à l’enseignante si c’est dans le cadre du cours de sciences qu’elles sont habillées ainsi, le maire, plus humain, répondit plus rapidement que la maîtresse : « mais non voyons, c’est la mi-Carême ! ». Jour de fête et jour des crêpes dans cette petite école familiale. La date a-t-elle été délibérément choisie pour gâcher ce jour de réjouissance pour tous les enfants catholiques ? Nous sommes en droit de répondre par l’affirmative. Les inspecteurs demandent aux professeurs : « Quels diplômes avez-vous pour enseigner ? ». Aucune enseignante n’est issue de l’IFM. D’où l’excellence des résultats scolaires de leurs élèves. Avec un zèle digne de la police est-allemande, l’école est examinée, le chien de l’une des enseignantes suscitant une avalanche de questions liées à l’hygiène. Quand on voit la crasse des établissement publics et de la plupart des écoles para-publiques dites « sous-contrat », un sourire made in China tend notre bouche. A 15 heures, le verdict tombe comme le couperet de la guillotine : fermeture administrative de l’école, obligation faite aux parents, résidents dans la France entière, de venir rechercher leurs enfants. Avec bien sûr « obligation de scolariser ». Et, avec la même haine qu’en 1905, dans le froid et la neige de l’hiver savoyard, les petites filles catholiques sont chassées de leur école. Finalement, les élèves seront mises en vacances une semaine en attendant qu’une solution soit trouvée. Et elle le fut, véritable pied de nez à la Gueuse qui, cette fois encore, n’arrivera pas à faire du kidnapping scolaire.

L’inhumanité de l’administration est concomitante à sa laïcité et à son républicanisme. C’est un monstre froid sécrété par les amours costupratoires des quatre états confédérés, chacun apportant ses gènes à la naissance, ce besoin pharisien de multiplier les contraintes matérielles inversement proportionnelles à la dégradation spirituelle. La République démocratique et laïque est un carcan. Elle emprisonne les corps toujours, les âmes souvent, dans une camisole de dogmes, d’interdits, de règlements et de formulaires (bientôt, comme dans ce roman de science-fiction de Max Anthony, on aura besoin de remplir des papiers pour avoir le droit de mourir…), non pas par amour de Dieu comme les recommandations catholiques, mais par totalitarisme, suscitant chez ceux qui en sont victimes non pas un sentiment d’offrande sacrificielle en l’hommage à celui qui fut le Suprême Sacrifié, mais bel et bien une peur qui s’exprime non par le cœur et l’âme comme dans la Vraie Foi, mais dans les entrailles. Peur du flic, peur du juge et peur de l’amende, socle du totalitarisme « démocratique ». Ce qui permet à la démocratie de se maintenir en place, c’est la peur. Orwell avait à la fois tort et raison comme je l’avais démontré dans mon analyse de 1984 parue dans Les Cahiers de Chiré n°14. Raison dans le sens où les anciens modèles de tyrannie étaient dorénavant et momentanément surannés. Le temps des camps et des prisons a été mis temporairement entre parenthèses. Nous devons faire face pour le moment à une nouvelle terreur, larvée, à base de torture mentale, ce que les Soviétiques post-staliniens avaient imaginée sous le nom de « fusillade à sec ».

Les valeurs de la « démocratie » sont viscéralement, que dis-je, génétiquement opposées aux nôtres. L’ogresse qui – mante religieuse chassant son mâle tous les cinq ans – dévore le pays qui a eu la stupidité de s’en faire le fils adoptif, fabriquant à la chaîne des analphabètes dont les pulsions animales rapportent économiquement ou des bataillons de diplômés dans des branches socialement inutiles qui - aigris et le cerveau encombré de propagande haineuse et marxisante - feront de parfaits révolutionnaires destinés paradoxalement à maintenir le système, cette Ouranos femelle ne peut tolérer la vie catholique de ces fillettes heureuses et épanouies, scolarisées dans cette petite école campagnarde et familiale. Elles sont heureuses, instruites, éduquées, et cela, dans les tréfonds obscurs des arrières-salles des L\, on ne peut l’accepter. « La République, c’est la destruction de tout ce qui s’oppose à elle » disait Saint-Just, dont le nom fut donné à une promotion de l’ENA, pour bien montrer quel poison est tété par nos élites aux mamelles de la catin phrygienne. Centrée sur l’homme, nombriliste, la République laïque ne peut être que petite et mesquine, comme le démontre son arsenal annuellement renouvelé de persécutions larvées.

Pendant ce temps, la Cour des Comptes publiait un rapport daté du 7 octobre 2004 sur la gestion du personnel enseignant. Normalement, il aurait dû rester confidentiel, mais Philippe Séguin, vexé par une remarque ironique de Luc Ferry, le diffusa amplement. On apprit ainsi que les 803.000 instituteurs et professeurs représentent « 650.000 ETP », terme de la novlange administrative désignant l’«équivalent temps plein d’enseignants ». L’équivalent de 97.000 enseignants à temps plein sont affectés à d’autres tâches et 32.000 sont tout simplement payés à ne rien faire (essentiellement des remplaçants désœuvrés), soit un coût à la collectivité d’1,5 milliard d’euros par an. On comprend que l’Education Nationale soit un bastion de gauche : rien de tels que les progressistes pour défendre les privilèges. La carte des « payés à ne rien faire », des titulaires d’une sorte de « super-RMI » est éloquente : 94,4 % des remplaçants de ce fief de gauche qu’est la Guyane sont inoccupés, 42,2 % à Poitiers, 40 % à Nice, 37 % à Bordeaux, 18 % à Versailles mais « seulement » 7 % à Rennes… Faillite d’une école résonnant en écho avec celle d’une société et d’un régime. L’usurpatrice vacille sur son socle. Mais cette fois, que les catholiques aient l’intelligence de faire ce qui aurait dû être fait dans le passé quand l’occasion se présenta : faire front commun avec tous ceux qui veulent la destruction du régime laïcard actuel, nonobstant leur race, leurs croyances ou leurs convictions.

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