Wednesday, January 24, 2007

Les petits chaperons bleus marine et le grand méchant loup laïcard (Editorial du Libre Arverne n°126 - 17/03/2005)


La guerre sournoise mais totale contre la liberté d’enseigner vient de prendre un tour nouveau, que nous avons la tristesse d’avoir prédit lors de diverses conférences. Le 3 mars 2005, l’école d’élite Sainte Anne de la Providence à Saint-Franc (Savoie) a été fermée sur ordre de l’état sous prétexte de manque aux normes kafkaïennes de sécurité et ce alors que la quasi-totalité des établissement publics du département et de la région Rhône-Alpes ne les respecte pas. Le KGB étatique a débarqué en force dans les locaux à 9 heures 30 : le maire du village, le Major des pompiers et un de ses hommes de la brigade des Echelles (commune de Savoie), un gendarme, un employé de la DDE et « la commissaire politique » du groupe, la présidente de la commission d’inspection. Il ne manquait plus que le préposé au peignage de la girafe, le fonctionnaire-chef chargé du calibrage des cocottes en papier et naturellement, le raton-laveur…

Les fillettes et les enseignantes, présumées coupables d’office comme dans toute bonne république laïque donc soviétoïde, sont soumises à un interrogatoire serré, avec toute la monstrueuse froideur d’une sardine congelée dont sont capables sui generis les zélotes du Léviathan étatique. On interroge les élèves des petites classes (équivalent à l’école primaire) sur leurs frères, leur famille, les sorties scolaires, pourquoi portent-elles une blouse… Détail cruellement cocasse : les fillettes sont déguisées. A l’un des kagébistes tricolores demandant à l’enseignante si c’est dans le cadre du cours de sciences qu’elles sont habillées ainsi, le maire, plus humain, répondit plus rapidement que la maîtresse : « mais non voyons, c’est la mi-Carême ! ». Jour de fête et jour des crêpes dans cette petite école familiale. La date a-t-elle été délibérément choisie pour gâcher ce jour de réjouissance pour tous les enfants catholiques ? Nous sommes en droit de répondre par l’affirmative. Les inspecteurs demandent aux professeurs : « Quels diplômes avez-vous pour enseigner ? ». Aucune enseignante n’est issue de l’IFM. D’où l’excellence des résultats scolaires de leurs élèves. Avec un zèle digne de la police est-allemande, l’école est examinée, le chien de l’une des enseignantes suscitant une avalanche de questions liées à l’hygiène. Quand on voit la crasse des établissement publics et de la plupart des écoles para-publiques dites « sous-contrat », un sourire made in China tend notre bouche. A 15 heures, le verdict tombe comme le couperet de la guillotine : fermeture administrative de l’école, obligation faite aux parents, résidents dans la France entière, de venir rechercher leurs enfants. Avec bien sûr « obligation de scolariser ». Et, avec la même haine qu’en 1905, dans le froid et la neige de l’hiver savoyard, les petites filles catholiques sont chassées de leur école. Finalement, les élèves seront mises en vacances une semaine en attendant qu’une solution soit trouvée. Et elle le fut, véritable pied de nez à la Gueuse qui, cette fois encore, n’arrivera pas à faire du kidnapping scolaire.

L’inhumanité de l’administration est concomitante à sa laïcité et à son républicanisme. C’est un monstre froid sécrété par les amours costupratoires des quatre états confédérés, chacun apportant ses gènes à la naissance, ce besoin pharisien de multiplier les contraintes matérielles inversement proportionnelles à la dégradation spirituelle. La République démocratique et laïque est un carcan. Elle emprisonne les corps toujours, les âmes souvent, dans une camisole de dogmes, d’interdits, de règlements et de formulaires (bientôt, comme dans ce roman de science-fiction de Max Anthony, on aura besoin de remplir des papiers pour avoir le droit de mourir…), non pas par amour de Dieu comme les recommandations catholiques, mais par totalitarisme, suscitant chez ceux qui en sont victimes non pas un sentiment d’offrande sacrificielle en l’hommage à celui qui fut le Suprême Sacrifié, mais bel et bien une peur qui s’exprime non par le cœur et l’âme comme dans la Vraie Foi, mais dans les entrailles. Peur du flic, peur du juge et peur de l’amende, socle du totalitarisme « démocratique ». Ce qui permet à la démocratie de se maintenir en place, c’est la peur. Orwell avait à la fois tort et raison comme je l’avais démontré dans mon analyse de 1984 parue dans Les Cahiers de Chiré n°14. Raison dans le sens où les anciens modèles de tyrannie étaient dorénavant et momentanément surannés. Le temps des camps et des prisons a été mis temporairement entre parenthèses. Nous devons faire face pour le moment à une nouvelle terreur, larvée, à base de torture mentale, ce que les Soviétiques post-staliniens avaient imaginée sous le nom de « fusillade à sec ».

Les valeurs de la « démocratie » sont viscéralement, que dis-je, génétiquement opposées aux nôtres. L’ogresse qui – mante religieuse chassant son mâle tous les cinq ans – dévore le pays qui a eu la stupidité de s’en faire le fils adoptif, fabriquant à la chaîne des analphabètes dont les pulsions animales rapportent économiquement ou des bataillons de diplômés dans des branches socialement inutiles qui - aigris et le cerveau encombré de propagande haineuse et marxisante - feront de parfaits révolutionnaires destinés paradoxalement à maintenir le système, cette Ouranos femelle ne peut tolérer la vie catholique de ces fillettes heureuses et épanouies, scolarisées dans cette petite école campagnarde et familiale. Elles sont heureuses, instruites, éduquées, et cela, dans les tréfonds obscurs des arrières-salles des L\, on ne peut l’accepter. « La République, c’est la destruction de tout ce qui s’oppose à elle » disait Saint-Just, dont le nom fut donné à une promotion de l’ENA, pour bien montrer quel poison est tété par nos élites aux mamelles de la catin phrygienne. Centrée sur l’homme, nombriliste, la République laïque ne peut être que petite et mesquine, comme le démontre son arsenal annuellement renouvelé de persécutions larvées.

Pendant ce temps, la Cour des Comptes publiait un rapport daté du 7 octobre 2004 sur la gestion du personnel enseignant. Normalement, il aurait dû rester confidentiel, mais Philippe Séguin, vexé par une remarque ironique de Luc Ferry, le diffusa amplement. On apprit ainsi que les 803.000 instituteurs et professeurs représentent « 650.000 ETP », terme de la novlange administrative désignant l’«équivalent temps plein d’enseignants ». L’équivalent de 97.000 enseignants à temps plein sont affectés à d’autres tâches et 32.000 sont tout simplement payés à ne rien faire (essentiellement des remplaçants désœuvrés), soit un coût à la collectivité d’1,5 milliard d’euros par an. On comprend que l’Education Nationale soit un bastion de gauche : rien de tels que les progressistes pour défendre les privilèges. La carte des « payés à ne rien faire », des titulaires d’une sorte de « super-RMI » est éloquente : 94,4 % des remplaçants de ce fief de gauche qu’est la Guyane sont inoccupés, 42,2 % à Poitiers, 40 % à Nice, 37 % à Bordeaux, 18 % à Versailles mais « seulement » 7 % à Rennes… Faillite d’une école résonnant en écho avec celle d’une société et d’un régime. L’usurpatrice vacille sur son socle. Mais cette fois, que les catholiques aient l’intelligence de faire ce qui aurait dû être fait dans le passé quand l’occasion se présenta : faire front commun avec tous ceux qui veulent la destruction du régime laïcard actuel, nonobstant leur race, leurs croyances ou leurs convictions.

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1 Comments:

Anonymous Riva said...

This is great info to know.

12:53 AM  

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