Wednesday, November 08, 2006

Ich habe ein Kamerade (Editorial des Lettres Fersanes n°68 - novembre 2006)

(Légende : le général Michel Ordener. Il a donné son nom à mon école primaire)

« Je suis joie ! » comme dirait l’autre. Par la magie d’Internet, j’ai pu retrouver un vieux camarade d’enfance qui avait lu mon article sur notre ville natale de Ris-Orangis. Nous étions inséparables, deux frères, sur les bancs de la communale. Lui aussi a quitté une ville qui n’était plus la sienne. Ses parents ont fait comme les miens : l’heure de la retraite ayant sonné, ils se sont repliés dans une province plus accueillante. La passion de l’histoire avait fait naître notre amitié, ainsi que celle des jeux de société. Nous avons grandi dans la France des années 80, celle que l’on nous présentait comme « en crise », sans qu’on se doute qu’un quart de siècle plus tard, d’autres crises se seraient greffées à la première. Anticommunistes de la première heure, aimant ce qui était alors notre pays, nous avions suivi avec ravissement le Tonnerre de Dreux de 1983. Parti le plus politiquement opposé au PCF, le FN semblait pour nous l’Eldorado. Mars 1986, je suis en seconde, lui en première. On se croise à la station de bus Salvador Allende devant le square du même nom que, dans nos jeux d’enfants, nous avions rebaptisé « square Augusto Pinochet ». Et là, en même temps, la même remarque : « Dites 33 ! », par allusion au nombre de députés du parti à la flamme (il y eut 35 élus mais 2 CNI, Briant et Frédéric-Dupont). Complicité quand tu nous tiens… Même évolution politique, il lisait Magazine Hebdo où nous attendions avec impatience le numéro suivant pour découvrir les aventures palpitantes d’Eugène Krampon, je lisait Rivarol où nous avions découvert un nom, celui d’un homme dont les théories nous plongèrent dans l’expectative : Robert Faurisson… Sonne ô buccin, j’ai retrouvé mon frère !

1 Comments:

Anonymous 91130 said...

SEMPER FIDELIS
La France des années 80...
D'un côté le terne, le tiède, les magouilles, le factice, les truquages, le superficiel, le toc, la bassesse, la facilité,les magouilles des politiciens aux petits pieds et des médiocres médias.
De l'autre l' appel vivifiant de ce qui nous dépasse, nous transcende pour nous élever.
Boljemoï, le choix fût vite fait!!

"ceux qui vivent sont ceux qui luttent" Victor Hugo

1:47 AM  

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